Origine et histoire du Musée du château des Adhémar
Le château des Adhémar, aussi appelé château de Montélimar, trouve ses origines au XIe siècle sous la forme d’une motte castrale construite par le comte de Toulouse, accompagnée de la chapelle Sainte-Guitte. Ce premier édifice, situé au-dessus de l’église Saint-Pierre, était un donjon entouré d’un talus et d’un fossé. La transformation majeure intervient au XIIe siècle, lorsque la famille Adhémar, dont la souveraineté est reconnue par un diplôme impérial en 1164, le convertit en un palais roman reflétant sa puissance. Le castrum montilium Adhemari symbolise alors la richesse de cette lignée noble.
Au début du XIIIe siècle, la seigneurie est divisée entre deux frères, entraînant la création de deux pôles distincts : un au nord, marqué par la tour de Narbonne (XIVe siècle), et un à l’est formant la citadelle. Les murailles du XIIIe siècle, renforcées aux XVIe et XVIIe siècles, deviennent le cœur défensif du site. Le vieux château, propriété papale, est partiellement détruit vers 1580 sur ordre du duc de Lesdiguières pour moderniser les fortifications. La tour de Narbonne, seule vestige du château des comtes du Valentinois, subsiste comme témoin de cette période.
Le logis seigneurial, classé monument historique en 1889, illustre l’architecture romane civile avec ses deux grandes salles superposées (125 m2 chacune), ouvertes sur la ville par des fenêtres en plein cintre et une loggia. L’église Saint-Pierre du XIe siècle, initialement paroissiale, est transformée en poudrière au XVIe siècle, tandis que sa partie nord reste une chapelle dédiée à sainte Agathe. Le site, utilisé comme prison jusqu’en 1926, devient propriété départementale en 1965.
De 2000 à 2017, le château abrite un centre d’art contemporain, intégrant des expositions d’artistes nationaux et internationaux (Daniel Buren, Felice Varini, Olga Kisseleva) et locaux. Ce projet s’inscrit dans une dynamique régionale liant patrimoine médiéval et création moderne, aux côtés des châteaux de Grignan et Suze-la-Rousse. Plus de 50 expositions temporaires y sont organisées, mêlant jeunes créateurs et figures établies.
L’ensemble castral, bien que partiellement conservé, offre un témoignage rare des palais romans civils. Les rénovations des XVIe et XVIIe siècles ont effacé certains bâtiments secondaires, mais les éléments médiévaux majeurs (logis, tour, murailles) subsistent. Aujourd’hui, le site allie préservation historique et valorisation culturelle, tout en restant un symbole de l’héritage des Adhémar en Dauphiné.